À l’origine, la grande urbanisation
La nécessité de travailler, de s’assurer une source de revenu et de trouver du soutien de la part de l’état dans la ville fait grandir énormément le phénomène de l’urbanisation. Chaque jour 180 000 personnes migrent vers les villes pour commencer une nouvelle vie. C’est-à-dire que chaque huit semaines une nouvelle ville de plus de 10 millions d’habitants est créée. En 1950, la seule ville qui abritait plus de 10 millions d’habitants était New York; depuis 2000, on dénombre 19 méga-villes, et seulement trois d’entre elles sont dans d’états développés : Tokyo, New York, Los Angeles. Les nouveaux arrivés dans les villes développent des espaces auto-construits et ils commencent à les occuper de façon illégale.
On commence à parler de slum en 1820 pour les parties de la ville de Londres qui étaient habitées par des pauvres qui vivaient en conditions hygiéniques précaires. En 1850 on avait des bidonvilles en France, en Angleterre, en Amérique et en Inde et on commençait à les identifier comme un phénomène international.
Selon le rapport de UN-Habitat (The challenge of slums, 2003) en 2001, 924 millions de personnes (le 31,6 pour cent de la population du monde) vivaient dans des slums. La plus grande part de ceux-ci était en PED. Voici les pourcentages de personnes qui habitent dans les slums par rapport à la totalité des habitants (2003):
- Afrique Sub-saharienne (71,9 % de la population)
- Centre-sud de l’Asie (58 %)
- Asie de l’est (36,4 %)
- Asie de l’ouest (33,1 %)
- Amérique latine et les Caraïbes (31,9 %)
- Afrique du nord (28,3 %)
- Asie (28 %)
- Océanie (24,1 % de la population)
Ce phénomène a crû énormément pendant les années ’90, et pour le futur, on estime que dans les 30 prochaines années le nombre de personnes qui habitent dans les bidonvilles arrivera à toucher les 2 billions si les choses ne changent pas.

Proportion entre les habitants des slums et les habitants des régions, 2001. Source: « The challenge of slums » UN-Habitat, 2003.
Slum et synonymes
Les slums sont des manifestations des différences existant entre les villes et la pauvreté urbaine. Les villes s’agrandissent énormément pour leur naturelle expansion, pour des mouvements migratoires de rural à la ville, pour la combinaison entre les deux, pour les mouvements des personnes suite à des conflits ou des événements naturels et pour autres raisons liés au changement de destination de parties de la ville, ou dégradation intérieure.. Toutes ces personnes vont vers la ville pour chercher à améliorer leur condition et pour trouver un travail. Par contre, ces mouvements migratoires ou ces agrandissement ne sont presque jamais suivis par des politiques de logements appropriées mais plutôt par la spéculation et la prévalence des besoins de se loger sur les mécanismes formels. Les slums sont des espaces caractérisés par le surpeuplement, l’auto-construction des logements informels et de basse qualité, l’absence d’hygiène et de sécurité. Mais on peut bien comprendre comme n’importe quelle définition on utilise pour ce phénomène, mais il est impossible de comprendre toutes les dimensions qui sont comprises dans ces manifestations.
Il y a des slums partout dans le monde, et la diversité entre eux est manifestée aussi par la pluralité des noms existants pour identifier le phénomène, parmi les quels:
- Français: bidonvilles, taudis, habitat précaire, habitat spontané, quartiers irréguliers;
- Espagnol: asentamientos irregulares, barrio marginal, barraca (Barcelona), conventillos (Quito), colonias populares (Mexico), tugurios et solares (Lima), bohíos ou cuarterias (Cuba), villa miseria;
- Allemande: Elendsviertel;
- Arab: mudun safi, lahbach, brarek, medina achouaia, foundouks et karyan (Rabat-Sale), carton, safeih, ishash, galoos et shammasa (Khartoum), tanake (Beirut), aashwa’i et baladi (Cairo);
- Russe: trushchobi;
- Portuguais: bairros da lata (Portugal), quartos do slum, favela, morro, cortiço, comunidade, roteamento(Brazil);
- Turque: gecekondu;
- Anglais américain: ‘hood’ (Los Angeles), ghetto;
- Sud de l’Asie: chawls/chalis (Ahmedabad, Mumbai), ahatas (Kanpur), katras (Delhi), bustee (Kolkata), zopadpattis (Maharashtra), cheris (Chennai), katchi abadis (Karachi), watta, pelpath, udukku ou pelli gewa (Colombo);
- Afrique: umjondolo (Zulu, Durban), mabanda (Kiswahili, Tanzania).
Urbanisation en Amérique Latine
L’Amérique latine détenait le taux d’urbanisation le plus élevé du monde, jusqu’à ce que l’Asie, dans les années ’90, l’ait surpassée. Le trois-quarts de la population vit dans des villes, aussi s’il n’y a pas des pays fortement industrialisés. La plupart des pays en Amérique latine sont formés par des méga-villes avec une densité urbaine très élevée et une grande croissance urbaine. Par conséquent, il y a des espaces auto-construits d’extraordinaire dimension. Le 50% des constructions dans les villes sont produits par les immigrants ruraux.
Si on regarde le Brésil, pour exemple, la population est de 175 million, et le 82% entre eux habitent dans les villes. Le Brésil a 16 villes qui ont plus de 1 million d’habitants; la première ville à surpasser cette limite a été Rio dans les années ’20. Selon la “Investigación de Informaciones Básicas Municipales”, conduite par l’Institut Brésilien de Géographie et Statistiques (IBGE) en 2001, en Brésil il y a 16.433 favelas enregistrées. Entre 1999 et 2001 le nombre d’ habitants dans les favelas est passé de 900.000 à 2,3 millions et c’est dans la région de Rio qu’on trouve le plus nombre.

Nombre de favelas dans les villes du Brésil. Source: Censiment 2001, IBGE, élaboration graphique Wikipedia
Les statistiques sont de 2001 mais la plus grande partie des favelas de Rio de Janeiro sont historiques, c’est-à-dire qu’elles ont été crée à la fin du XIX siècle et sont parmi les plus vieilles au monde. À Saint-Paul, par contre, les favelas ont une histoire très récente. Elles ont commencé à se développer dans les derniers 50 ans : par contre, la croissance a été très vite et la population des favelas est passée de 5,2 pourcent en 1980 à 19,8 pourcent en 2003 (« The challenge of slums », 2003, UN-habitat).

