Logement évolutif

20 01 2010

La favela Santa Marta ajoute de la couleur au paysage urbain grâce à ses constructions hétéroclites. L’habitation doit convenir à des besoins précis et divers selon les usagers; cependant, tous ont besoin de s’abriter et de se protéger . Cela se traduit sous différentes formes selon les moyens de chacun.

FONDATIONS

Afin de s’adapter à la pente de la colline, les habitants bâtissent avec un système de pilotis en bois ou en béton. Ces fondations sont particulièrement vulnérables en cas de fortes pluies et de glissements de terrain. Certains logements se trouvent d’ailleurs dans des positions critiques. La plupart des occupants ne possèdent évidemment pas les connaissances ou l’expertise en matière de fondations; certains pilotis ne sont que déposés sur la terre ou sur de la roche. De plus, l’espace résiduel créé par ce système de pilotis s’avère inoccupé et accumule les déchêts.

MURS

En priorité, les nouveaux arrivants, ou encore ceux ayant un faible budget, trouvent des solutions, des ressources à proximité afin de se construire un habitat à partir de matériaux précaires tels que le carton, le bois, la tôle ondulée et des matériaux recyclés (porte, fenêtre, grillage, etc).

D’un autre côté, les gens plus aisés ou qui, au fil des années auront acquis davantage de moyens, se procurent des matériaux solides tels que le béton, la maçonnerie (brique d’argile) et le stucco. Ceux-ci leur permettent de bénéficier d’une meilleure résistance structurale.

L’aménagement des espaces se fait graduellement, s’adaptant aux besoins des usagers ainsi qu’à leurs finances. Afin de projeter d’éventuels besoins (famille grandissante, lieux de travail plus grands, locataires, etc), les occupants prévoient la construction d’étages supplémentaires en gardant les armatures d’acier dépasser de la dalle.

Ainsi, au cours de cette construction, cet espace extérieur encore indéfini sert de terrasse pour entreposer les matériaux, pour cuisiner, pour étendre le linge ou encore de terrain de jeux pour les enfants. La proximité des logements permettent aux gens de converser d’une toiture à une autre, de vaquer à leurs occupations tout en entretenant un réseau social.

Up on the Roof, The Washington Post.

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TOITURE

Dans un même ordre d’idées, la plupart des habitations ne sont recouvertes que par une simple tôle ondulée maintenue en place avec des briques. De cette façon, les occuppants peuvent envisager un agrandissement de leur logement, et lorsque la construction sera amorcée, ils remplaceront la tôle par une dalle de béton.

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ESPACE(s) INTÉRIEUR(s)

Les habitations ont généralement une superficie de 25 à 50 m², dépendamment de chaque famille. Pour certaines d’entre elles, cela ne consiste qu’en un seul espace.  Cette pièce doit assurer une certaine flexibilité et multifonctionnalité, et permettre ainsi qu’on puisse s’y prêter à des activités commerciales durant le jour et à des activités domestiques le soir.

Une étude dirigée par ~~ fait état de la violence domestique dans les ménages: dans les habitations où les parents et les enfants partagent la même chambre à coucher, on recense un haut taux de violence familiale. En raison de la promiscuité dans laquelle vivent les membres de la famille, ainsi que le manque d’intimité, les cas d’inceste sont très fréquents. Assez souvent, les abuseurs s’avèrent des proches de la famille; le père, le beau-père, un oncle, etc. Paradoxalement, les sociologues soutiennent que dans la situation où les enfants possèdent leur propre chambre à coucher, séparément des parents, la violence familiale est tout de même présente. En effet, ils stipulent qu’ainsi isolés, les enfants ne bénéficient pas de la surveillance de leur mère et qu’alors, les méfaits surviennent dans l’intimité de la chambre.

En ce qui a trait à la flexibilité des espaces, les usagers doivent avoir la possibilité d’optimiser leurs activités économiques et d’avoir le plus de visibilité sur la rue. En effet, pour la plupart des favelados, le logement est à la fois un lieu de résidence et un lieu de production. Alors, que la transition extérieur (rue)/intérieur se fasse le plus facilement permet ainsi un accès pour les clients ou encore des échanges commerciaux plus faciles. D’ailleurs, de grands espaces intérieurs ne leur sont pas nécessaires, étant donné que la plupart des activités, telles que la préparation pour les repas et la lessive, se font au grand air. Cela leur permet par le fait-même de discuter avec les voisins et de surveiller le quartier.

La plupart des habitants prennent un soin particulier à aménager leur espace intérieur. Ce confort se traduit souvent par des murs revêtus de plâtre, de peinture et des planchers de céramique. De plus, les favelados accordent une grande importance au divertissement;  ils éprouvent le besoin de se déconnecter un peu de la misère dans laquelle ils vivent, d’être au courant de l’actualité. Conséquemment, plusieurs d’entre eux possèdent des électroménagers, des appareils téléviseurs, des systèmes stéréo, des ordinateurs avec accès Internet, etc. Par ailleurs, la favela Santa Marta fut la première à être équippée d’un réseau Wi-Fi gratuit!

“Le Wi-Fi ne représente pas seulement l’inclusion numérique,c’est aussi l’intégration sociale pour les 10 000 habitants de Santa Marta.” (Sergio Cabral, gouverneur de Rio)

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Sources:

  • ‘Empowered Leaders’? Perspectives on Women Heading Households in Latin America and Southern Africa, by Kavita Datta and Cathy McIlwaine © 2000 Oxfam GB.
  • Fluctuat.net. Les favelas brésiliennes à l’heure du wi-fi. En ligne, [http://societe.fluctuat.net/blog/37221-les-favelas-bresiliennes-a-l-heure-du-wi-fi.html] Page consultée le 25 janvier 2010.
  • The Washington Post. Life in Rio’s Favelas; Youth Torn Between Gangs and the Government. En ligne, [http://www.washingtonpost.com/wp-srv/world/specials/favelas/rooftop.html] Page consultée le 13 janvier 2010.








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